ON EST TOUS DANS
LE MÊME BATEAU
METRONOMY
Texte: GUILLAUME FÉDOU
Photo: JULIEN PIERRE MALET
Difficile de parler d’un disque lorsqu’il est aussi bon. The English Riviera est tout simplement le meilleur album possible depuis le Congratulations de MGMT. Même aboutissement, même ambition musicale démesurée, avec un souci de la perfection qui laisse à penser que la pop de demain ne pourra plus jamais être en deça. Nights Out, leur précédent album, comportait pourtant quelques promesses, quelques tubes de saison aussi (c’est d’ailleurs en son honneur que nous avons photographié le groupe devant une Honda Insight, qui figurait sur leur pochette). Porté par le single She Wants, l’album-hommage à la baie du Devon aussi appelée English Riviera offre une vision ensoleillée du chic anglais; ni dandy victorien type Doherty, ni lad pluvieux à la Mike Skinner, mais simplement pop de 2011 ! Le chanteur Joseph Mount (à droite sur la photo) génie barbu dont la voix ouverte et apaisée sautille d’une ballade mid-tempo à une nu-disco aérienne sans rien perdre de son flegme, était le seul debout ce matin-là pour répondre aux questions d’Intersection.
Comment définirais-tu Metronomy ?
Metronomy est un groupe au sein duquel tous les membres sont sur un pied d’égalité. On est tous dans le même bateau et l’on essaie de le faire avancer dans le même sens. Normalement on donne les interviews à plusieurs mais on est sorti hier après le concert et les autres sont encore à l’hôtel (rires)…
Ce dernier album est plus pop que le précédent, vous l’avez conçu ainsi ?
Quand on a fait notre premier album, on ne savait pas si on en ferait un troisième et à quoi il ressemblerait, notre trajectoire n’est tout simplement pas pensée. Je dirais que cet album sonne plus clair et semble plus propre que les précédents. Après, on ne s’est jamais dit qu’il faudrait à tout prix qu’on fasse de la pop.
Quelle a été l’influence de tes parents sur l’écriture ?
Ma mère était photographe et mon père est une sorte de designer graphique ou typographe, je ne sais pas trop comment le définir. IIs ont du me léguer ou me transmettre un certain sens artistique j’imagine…!
As tu des souvenirs liés aux voitures dans ton enfance ?
J’habitais dans une petite ville proche de la côte et il n’y avait que des petites routes qui passaient par là. Comme tous les ados je fonçais sur ces routes désertes. J’étais habitué à conduire l’Opel Astra de mes parents jusqu’au jour où j’ai eu mon permis. Mes parents voulaient m’offrir une voiture d’occasion pour me donner un peu plus d’indépendance, et sur un parking j’ai vu une voiture bleue claire qui était à vendre, elle ne coûtait que 250£. Bon, à 17 ans, la seule chose qui m’intéressait était la couleur de ma caisse, donc je contacte le vendeur, qui était marin et n’avait plus qu’une jambe… Donc forcément sa voiture était automatique. J’ai supplié mes parents de la prendre quand même et ils ont accepté. Donc ma première voiture était une vieille Opel Kadett bleue claire !
Enfance heureuse, donc …
Oui très heureuse, le fait de grandir à la campagne permet de voir les choses différemment, avec plus de recul… J’essaie de rentrer souvent voir mes parents, mes potes et ma campagne pour respirer un peu.
Que penses-tu de l’Angleterre depuis le changement de gouvernement ?
David Cameron ne fait pas forcément de bonnes choses mais il a l’excuse de la crise, il va falloir se serrer un peu la ceinture pour passer cette période, mais ça ne m’a pas l’air plus sympa en France (rires) ! A chaque pays ses problèmes et l’Angleterre et la France ne sont pas les plus à plaindre. Il y a quand même des Rivieras dans ces deux pays où il fait bon vivre, n’est-ce-pas ?
Metronomy, The English Riviera (Because Music)










