COMME LES MOTOS,
NOUS SOMMES DÉBRIDÉS.
YELLE
Texte: GUILLAUME FÉDOU
Photos: STAN WOLF
Stylisme: JOSIA.N
Au départ, avouons-le on ne l’a pas vraiment prise au sérieux, avec ce Je Veux te Voir totalement fluo/ado/My Space dans lequel une petite Bretonne réglait ses comptes avec le crew TTC qui ne lui avait rien demandé. Car on a vite appris que Yelle n’avait jamais eu affaire (ni lov ni sex) avec Cuizinier et « son cousin Teki ». Violence gratuite, donc, sauf que l’aspect girl power en mode électro-clash était frais, spontané, bienvenu finalement. Ensuite, ce Parle à Ma Main en duo avec Michaël Fatal Youn, idéal pour décrypter la génération MMS. Au fil du temps on s’habitue donc à l’idée que Yelle est une chanteuse mobile, c’est-à-dire motivée et habile – et son Safari Disco Club s’annonce déjà plein à craquer. Ouvrant sur un track d’afro-8-beat quelque part entre le Tombouctou d’Alain Chamfort, le Youki de Gotainer et Caught Out There de Kelis, ce deuxième album surprend par sa musicalité. Exit les tricks simplistes pour adulescents fans d’Alizée, Mélissa Mars et autres académiciennes : parfaitement décomplexés, Yelle et son ami Grand Marnier, épaulés par TEPR (Tanguy Destable) visent une pop frenchy ultime plutôt dans l’axe Lio/Daho/Jacno – le single C’est Pas une Vie en atteste. Sorte d’Eurodance indie, ce Safari Disco Club donne très envie de prendre la route des sables au volant-fourrure orange d’un Dodge relooké fantaisie 80′s, un milk-shake trafiqué dans chaque main et la sono à bloc !
Votre album est très bien reçu par la critique, même la plus acerbe. Est-ce que ça vous fait plaisir ? Ou vous pensez que vous n’en avez pas besoin…
Yelle : Bien sûr que ça nous fait plaisir. Cela prouve que nous avons bien travaillé, pas mal progressé…
Grand-Marnier : On est tous très fier de cet album, donc tant mieux s’il y a une forme de reconnaissance, c’est positif.
TEPR : Yes, on kiffe !
Safari Disco Club, c’est un album-concept ?
TEPR : Non, ce n’est pas un album concept, il est venu naturellement après avoir tourné pendant 3 ans sur scène. On a fait des chansons les unes après les autres, et finalement on s’est retrouvé avec un album complet et le titre est venu à la fin, sous influence Safari…
Grand-Marnier : On a trouvé le thème en hommage à Subway de Luc Besson, c’est ce film qui nous a donné envie de monter un groupe !
« Assise sur le capot de ta Maserati, j’appuie là où ça fait mal », tu chantes dans J’ai Bu. Toujours pas de message girl power ?
Yelle : La voiture est un objet de fierté masculine, donc oui j’appuie là où ça fait mal (rires) « Je ne veux pas faire marche arrière, mais un coup d’accélérateur, tais-toi je veux voir ailleurs »…
Grand-Marnier : Les femmes prennent le volant ! D’ailleurs elles sont désormais à égalité avec nous sur les assurances, ce qui est une bonne chose (rires).
Comment fonctionne le véhicule Yelle ?
Yelle : C’est un véhicule multiplaces (rires).
TEPR : Avec trois places à l’avant !
Grand-Marnier : Oui Yelle est un groupe, pas une seule personne. J’écris et compose la plupart des morceaux, Julie est ma muse, et je lui demande de venir poser sa voix. Mais c’est parce que je sais ce qu’elle va pouvoir apporter, comment elle va interpréter la chanson que j’écris et compose comme ça. Tanguy lui, vient apporter un peu plus de musicalité.
Comment arrive t-on sur l’autoroute du succès ?
Yelle : On s’y est retrouvé par hasard. Un morceau sur notre MySpace a été joué par beaucoup de DJ’s connus, jusqu’à ce que des étrangers nous appellent pour participer à des festivals. En 2007, on a bien travaillé notre live puisqu’on devait partager la scène avec des artistes bien plus connus que nous qu’on adorait !
TEPR : Notre première tournée s’est faite en Australie. À l’étranger pour accrocher le public, qui n’a jamais entendu parler de toi, il faut envoyer en live. Cette année on joue à Coachella pour la deuxième fois. On est des habitués de Coachella, c’est dingue non ?
Avant de vous envoler vers les États-Unis, dites-moi ce que vous pensez de la France ? « J’aime mon pays mais j’adore le tien », chante Yelle sur Mon Pays.
Yelle : C’est un peu embourbé, tu as beau essayer d’avancer ça patine et tu restes sur place. Les gens ont du mal a se détendre et à se lâcher. Espérons que l’album apporte un peu de fraîcheur et de fun. Mais il faut relativiser, il faut arrêter le nombrilisme et s’ouvrir un peu. Après, tu peux nous cataloguer dans l’entertainment, on s’en fout, on assume !
TEPR : Nos petites chansons n’ont aucune autre prétention que de divertir, on a pas de paroles engagées ; notre seul engagement c’est d’ouvrir les vannes.
Grand-Marnier : YELLE au départ ça veut dire You Enjoy Life. On a une vraie qualité de vie ici en France et on a tendance a se plaindre tout le temps, c’est fatiguant… Il faut aller voir ailleurs ce qu’il se passe avant de pleurnicher et que les gens apprennent à se débrouiller un peu par eux-mêmes. Nous on prône de Do It Yourself, d’ailleurs on a monté notre propre label pour rester indépendants. Alors faisons plus et sourions plus, ça ne peut pas faire de mal.
Safari Disco Club (Recreation / Barclay).
En tournée UK avec Katy Perry.
www.yelle.fr











